Agde

La coopérative pinétoise a plus d'un concours dans la manche

Ce n'est pas déprécier le travail accompli par l'ensemble des caves coopératives des cantons d'Agde et Florensac que de reconnaître que celle de l'Ormarine, à Pinet, occupe, dans ce paysage, une position de pointe portée par une politique de commercialisation résolument agressive. La personnalité de son directeur, Cyril Payon, n'y est évidemment pas étrangère. Lui qui incite sans relâche les coopérateurs à mener dans un même sillon production de qualité et politique offensive de marketing.
Le souligner ici permet de révoquer le récent palmarès du "sacro-saint" Concours général agricole qui accompagne chaque année le Salon de l'Agriculture. Un rendez-vous qui, pour tout vigneron qui se respecte, a son importance. Et dont il fait bon revenir avec une médaille au col des bouteilles qui y ont été présentées. Pinet, comme les autres caves des cantons d'Agde et Florensac, n'a pas, cette année encore, boudé ce plaisir. Mais si le grand public demeure sensible à ces distinctions, il n'est pas de bon concours que celui du Salon de l'Agriculture, loin s'en faut.
A titre d'exemple, si le sourire est aujourd'hui de mise du côté de la cave de l'Ormarine, il faut en chercher la raison tout autant sinon plus du côté d'un autre concours, celui des XIe Vinalies internationales.
Voici un an, Cyril Payon (au centre) avait, pour la cave de Pinet, déjà reçu cette "Vinalie internationale d'Or".
L'épreuve organisée fin février par l'Union des oenologues de France, parle sans doute moins au grand public. Mais elle sonne juste aux oreilles de la profession puisque, contrairement au Concours général, elle mêle en une seule compétition tous les vins d'une même catégorie, toutes régions confondues. Décrocher dans ces conditions une médaille d'or, qui plus est attribuée par un panel de 120 juges internationaux, constitue donc une récompense de taille. Rééditer l'exploit deux années de suite tient de la consécration.

C'est pourtant bien ce qui vient d'arriver pour la seconde année consécutive au "Picpoul" de l'Ormarine, dont les 150000 bouteilles de la cuvée "la Font française" ont reçu la Vinalie d'or internationale en catégorie vin blanc sec.
Pour Cyril Payon, le "vrai" jackpot est là : "Le trophée, l'an passé, nous a ouverts de nouvelles portes sur la grande distribution internationale, notamment vers l'Espagne et la Russie. Pour cette année, nous venons déjà d'être contactés pour l'export en direction du Japon".

Un nouveau coup de fouet commercial pour une cave qui, assure son directeur, doit jouer à fonds cet atout qu'est la spécificité du Picpoul. "C'est un avantage réel, mais on se bouge commercialement pour en être digne". Avec 25% de bouteilles vendues à l'export en 2004, sur un total de 3.2 millions de cols, l'Ormarine progresse à l'international. Et le fait d'autant mieux qu'à l'heure de jouer, elle n'a pas qu'un concours dans la manche en guise d'atout.

E.O.