VITICULTURE : Les ventes à la hausse malgré les "obstacles"

Une année de contraste, à déguster avec modération
A Pinet, le directeur de la cave de l'Ormarine affiche un optimisme prudent

Voici un an, l'heure était aux annonces de fusions nouvelles dans l'univers des caves coopératives des Pays d'Agde. Pomerols et Castelnau de Guers se mariaient en quittant l'Union des coopératives des vignobles de Thau, et peu après Florensac et Agde-Marseillan révélaient à leur tour une alliance. Pas d'annonce de ce type en revanche du côté de Pinet et sa cave de l'Ormarine qui continue à revendiquer sous ses seules couleurs une originalité dont l'AOC Picpoul demeure le principal fer de lance. Ce qui ne veut pas dire que d'autres stratégies ne sont pas aujourd'hui à l'étude même si la traditionnelle prudence des coopérateurs interdit encore d'en dire plus.
Pas de "fusion" donc en 2003 pour le navire pinétois, mais une année sur laquelle Cyril Payon, directeur de la cave de l'Ormarine, jette, à travers son propre bilan, un regard sans doute partagé en partie par la filière
viti-vinicole.
Curieuse année en effet que celle écoulée puisqu'après un bon premier trimestre sur le marché national, plusieurs

  • La canicule peu compatible avec la dégustation
  • Le conducteur ne veut plus trinquer
  • 8% de bouteilles vendues en plus
  • Exportation et communication plus offensive
"incidents" sont apparus, de nature à freiner l'enthousiasme du début d'année. A commencer par la canicule estivale qui, pour une cave comme celle de l'Ormarine dont le caveau de vente reçoit 25000 clients par an, a modifié bien des comportements. "Le touriste est resté sur les plages et a bu surtout de l'eau.
La fréquentation du caveau de vente s'en est ressentie avec des comportements différents d'achat. Cet été, c'est le rosé qui a fait un malheur."
Dans un climat d'incertitude nationale en terme de consommmation, deux autres "évènements" ont également, pour Cyril Payon, tempéré l'optimisme. Au niveau régional, la longue fermeture,cet automne, de l'Etang de Thau n'a pas plaidé pour le ticket "coquillage Picpoul", et, au niveau national, la répression accrue en matière de prévention routière et d'alcool au volant se fait également durement ressentir depuis ces derniers mois.
"Et pourtant, observe le directeur de l'Ormarine, malgré ces "obstacles", notre

Le caveau de vente accueille chaque année 25 000 clients. Un record en pays agathois
bilan 2003 est en progression sensible. En nombres de bouteilles, nous en avons commercialisé 3.26 millions, soit une hausse de 8% par rapport à 2002. Que ce soit en vins de pays ou en AOC, tout est à la hausse." Raison de plus, estime Cyril Payon, pour essayer de mieux analyser les raisons de cette réussite et s'en servir comme de pistes de travail à améliorer afin de faire face à un contexte qui, lui, n'est pourtant plus aussi favorable.
Trois secteurs ont permis de "booster" ces chiffres. D'abord celui de l'exportation sur lequel l'Ormarine a progressé de 12%, notamment en s'ouvrant de nouveaux marchés en direction des Etats-Unis, du Japon, de la Hollande et du Danemark, mais aussi des départements et territoires d'outre-mer. Une tendance particulièrement encourageante alos que la concurrence internationale fait rage et que la compétitivité française n'est pas toujours aidée par les règlementations en vigueur.
Les deux autres points de satisfaction illustrent, eux,la nécessité de diversifier les stratégies commerciales. Avec 20 agents de vente répartis sur toute la France et deux commerciaux exclusifs sur la région, l'Ormarine a ainsi vu ses

ventes progresser de 25% auprès des restaurateurs et des cavistes. A l'autre bout de la filière, celle des grandes surfaces commerciales, le bonus est là également avec une hausse de 12%, fruit du partenariat avec la société Jeanjean qui assure en exclusivité la mise en marché de la production de la cave pinétoise." C'est aussi le résultat d'une politique offensive en matière de communication, insiste Cyril Payon. Il y a dix ans encore, les caves fonctionnaient parfois comme des structures familiales. Aujourd'hui ce sont de vraies entreprises. Il n'y a pas que la qualité de la production qui compte. Il faut raisonner en termes de marketing et penser la commercialisation 12 mois par an."
Ne pas attendre que l'estivant pousse la porte du caveau de vente, admettre qu'il va falloir réfléchir à l'adaptation au nouveau comportement des consommateurs, savoir entretenit notoriété et particularité, telles sont quelques-unes des pistes qui, du côté de Pinet, vont servir de règles de fonctionnement en 2004. Avec un objectif, faire aussi bien qu'en 2003, année à déguster... avec modération.

E.O.